
La Peugeot 305 n’a jamais eu de version cabriolet officielle sortie d’usine. Ce détail surprend souvent les amateurs qui confondent cette berline avec sa cousine la 304 cabriolet ou la célèbre 205 décapotable. La 305 mérite pourtant qu’on s’y attarde, non pas pour un toit escamotable qu’elle n’a pas porté en série, mais pour son rôle de pivot technique dans l’histoire de Peugeot.
Peugeot 305 et filiation technique : la voiture qui a tout préparé
Vous avez déjà remarqué que certains modèles automobiles disparaissent des conversations alors qu’ils ont façonné toute une lignée ? La 305 est exactement dans ce cas. Produite de 1977 à 1988, elle a servi de laboratoire pour des choix techniques repris ensuite sur la 309, la 405 et même le Citroën C15.
Lire également : Notre avis sur le crédit Flex LCL : une solution de financement à adopter ?
La plateforme de la 305 a notamment permis à Peugeot de tester la traction avant sur un segment intermédiaire. Ce choix d’architecture, banal aujourd’hui, représentait un virage pour le constructeur. La 305 a validé la traction avant chez Peugeot avant que la 205 ne la popularise auprès du grand public.
Le lien avec le Citroën C15 est moins connu. Après le rachat de Citroën par Peugeot, le groupe PSA a mutualisé ses bases mécaniques. La fourgonnette dérivée de la 305 partageait des éléments avec ce qui allait devenir l’utilitaire le plus vendu de France pendant des années. Quand on parle d’le cabriolet Peugeot 305 à redécouvrir, c’est souvent cette dimension historique qui attire les passionnés vers ce modèle.
A lire aussi : Les meilleurs exercices abdos à réaliser efficacement sur une chaise romaine

Phase 2 de la Peugeot 305 : presque un nouveau modèle
La 305 a connu deux vies distinctes. La phase 1, lancée en 1977, proposait un dessin sobre signé Pininfarina. Berline quatre portes classique, elle visait le segment des familiales accessibles face à la Renault 18 ou la Volkswagen Passat.
La phase 2, au début des années 1980, a transformé la voiture en profondeur. Nouveaux boucliers, tableau de bord redessiné, motorisations revues : certains observateurs de l’époque la décrivaient comme un modèle presque neuf. Cette modernisation a prolongé la carrière commerciale de la 305 bien au-delà de ce que Peugeot avait prévu initialement.
Pourquoi ce détail compte ? Parce qu’il illustre une méthode que Peugeot a réutilisée ensuite. Plutôt que de lancer un modèle entièrement nouveau, le constructeur a appris à faire évoluer une base existante par étapes. La 405, puis la 406, ont bénéficié de cette logique de renouvellement progressif.
Motorisations et versions de la 305
La gamme moteur couvrait un spectre large pour l’époque. Des blocs essence sobres aux diesels robustes, la 305 répondait à des usages très différents. La version GTX, par exemple, visait une clientèle qui cherchait un peu de sportivité sans quitter le segment familial.
- Berline quatre portes : la carrosserie dominante en volume de production, déclinée en finitions allant de la base à la GTX
- Break cinq portes : version utilitaire et familiale appréciée des professionnels et des familles nombreuses
- Fourgonnette : dérivé utilitaire qui partageait sa base avec les futurs véhicules du groupe PSA
La production a été largement dominée par la berline, mais le break et la fourgonnette ont joué un rôle stratégique dans la rentabilité du modèle. Proposer trois carrosseries sur une même plateforme permettait d’amortir les coûts de développement.
Peugeot 305 en collection : pourquoi elle reste sous-cotée
Sur le marché de la collection automobile, la 305 reste dans l’ombre de ses voisines. La 504 cabriolet attire les enchères élevées. La 205 GTI fait rêver une génération entière. La 305, elle, se négocie à des prix très modestes.
Cette sous-cote représente une opportunité pour les amateurs de voitures françaises. Les pièces détachées restent disponibles grâce à un réseau de spécialistes et de casses automobiles. La mécanique, simple et robuste, ne demande pas d’outillage spécialisé.

Le principal obstacle pour un collectionneur reste la rareté des exemplaires en bon état. La 305 a été une voiture du quotidien, utilisée sans ménagement. Les survivantes bien conservées se comptent facilement. Trouver une phase 2 avec un intérieur d’origine et une carrosserie saine demande de la patience.
Points de vigilance avant l’achat
- La corrosion touche les passages de roue, les bas de caisse et le plancher, zones à inspecter en priorité
- Les joints de culasse sur certaines motorisations essence demandent une vérification systématique, surtout après un long stationnement
- L’électricité d’époque (faisceaux, connecteurs) peut réserver des surprises sur les exemplaires restés longtemps à l’arrêt
- Les garnitures intérieures en tissu se dégradent vite et sont difficiles à remplacer à l’identique
Confusion entre 305 cabriolet et autres Peugeot décapotables
L’appellation « cabriolet Peugeot 305 » circule régulièrement dans les recherches en ligne. Elle repose sur une confusion fréquente avec d’autres modèles. Peugeot n’a jamais produit de 305 cabriolet en série.
La marque proposait en revanche la 304 cabriolet dans les années 1970, un modèle qui a précédé la 305 dans la gamme. Plus tard, la 205 cabriolet a repris le flambeau des Peugeot à toit ouvert avec un succès commercial bien supérieur.
Des carrossiers indépendants ont pu transformer quelques 305 en cabriolets artisanaux, comme cela se pratiquait couramment à l’époque. Ces exemplaires uniques, s’ils existent encore, relèvent davantage de la curiosité que du modèle de série. Ils n’ont pas de cote officielle et leur qualité de transformation varie considérablement.
La 305 reste donc une berline, un break, une fourgonnette. Son intérêt ne tient pas à un toit rétractable mais à sa place dans la généalogie Peugeot. Elle a porté les innovations mécaniques et industrielles qui ont permis au constructeur de traverser les années 1980 et de lancer ses modèles les plus mémorables. Pour qui s’intéresse à l’automobile française au-delà des stars de catalogue, c’est précisément ce genre de modèle qui mérite un second regard.